Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 22:22

 

Napoléon III  est visé lors d'un attentat, le 14 janvier 1858, rue Le Peletier où se situe la salle d'Opéra du moment. Des anarchistes italiens, dirigés par Félice Orsini  jettent plusieurs «machines infernales» dans le cortège et la foule qui l'entoure. Le couple impérial est miraculeusement épargné, mais se retrouve au milieu de huit morts et de près de cent quarante-deux blessés.

La construction d'une nouvelle salle est décidée par l'empereur, au lendemain même du drame, pour la construction de ce qui deviendra le nouveau lieu d'apparat de la haute société parisienne, puis déclare le projet comme étant d'utilité publique par arrêté impérial daté du 29 septembre 1860. 

 

 

 

 

dossier08-2013 0014-001

 

L'architecte Charles Garnier (1825-1898)  gagne le concours de l’Opéra en 1861, et commence une série de nombreux voyages pour visiter toutes les grandes salles d’Europe. Il prend des notes, fait des relevés sur l’espacement des sièges, le nombre de rangées, beaucoup d’études sur l’acoustique, sans parvenir à la fin à comprendre comment le son pouvait se maîtriser scientifiquement. Il fit beaucoup de remarques sur les lustres qui étaient au centre du volume de chaque grande salle, leur importance et leur situation faisaient apprécier ou, au contraire, de l'ombre à la qualité de l’architecture. La visite des carrières de pierres et de marbres font aussi l’objet de ces recherches pour choisir quelles textures et quelles couleurs entreraient dans son projet.

Le chantier est ouvert en août 1861, en novembre commencent les pieux de fondation. Le terrain est marécageux et les fondations seront difficiles. Il faudra 7 mois pour pomper la nappe phréatique. Les bâtiments voisins se construisent plus vite et Garnier a la surprise de constater qu’ils sont plus hauts que son Opéra. Il revoit sa façade et ajoute un attique pour qu’elle soit plus monumentale. Le chantier se déroule assez lentement, des difficultés de crédits, mais aussi des critiques de l’opposition. En août 1867 on découvre la façade éblouissante. Le chantier sera arrêté en 1870, par la guerre et en 1871 par la Commune. Garnier quittera Paris pour Menton à ce moment-là pour éviter la période difficile de la Commune. Sa carrière va devenir méditerranéenne. Il achète un terrain à Bordigherra et y construira sa villa l’année suivante. Le chantier reprendra après la Commune et à la suite de l’incendie de l’Opéra de la rue Le Peletier en 1873 les travaux s’accélèrent, on travaille jour et nuit.

L’Opéra de Paris est inauguré le 5 janvier 1875 par le Président Mac-Mahon. Garnier a 50 ans. Il est promu officier de la Légion d’honneur.

 

 

dossier08-2013 9020

 

 

dossier08-2013 9023

 

Le grand escalier.

 

dossier08-2013 8928

 

  dossier08-2013 9009

 

Dans la salle.

Le lustre de la salle d'un poids avoisinant les sept à huit tonnes, il participe de façon indéniable à l'ambiance et à la magie des lieux. Équipé, à l'origine, d'une multitude de flammes et de globes alimentés au gaz cet élément est, depuis 1881   alimenté pour partie ou intégralement à l'énergie électrique. Le 20 mai 1896, la rupture d'un contrepoids entraîna la chute du lustre sur le public alors que se donnait une représentation du Faust de Gounod. Il y eut de nombreux blessés et une femme (une concierge passionnée d'opéra) trouva la mort. Cet événement exceptionnel inspira Gaston Leroux pour un épisode du "Fantôme de l'Opéra", publié en 1910. On le retrouve aussi dans le Ballet du même nom de Marcel Landowski créé avec une chorégraphie de Roland Petit.

 

dossier08-2013 8897

 

 

Le plafond conçu en 1964 par Marc Chagall (1887-1985)  et à l'invitation de son ami André Malraux, ministre des Affaires culturelles d'alors,  La mise en place du nouveau plafond officiel, masquant l'œuvre de Lenepveu et juxtaposant aux éléments décoratifs d'origine une œuvre anachronique, ne fit pas l'unanimité et témoigne du mépris du pouvoir de l'époque envers l'art du Second Empire. 

L'œuvre de Chagall, quel que soit notre sentiment à son égard, a été déterminante pour redonner à l'Opéra Garnier un pouvoir d'attraction qu'il avait un peu perdu dans les années d après-guerre et plus spécifiquement au moment où cette commande ministérielle a été réalisée. Malgré l'intérêt médiatique qu'elle a pu susciter, cette décision reste néanmoins controversée jusqu'à nos jours sur le plan artistique.

 

Son travail se divise en cinq sections de cinq couleurs différentes dédiées à différents compositeurs (vert pour Berlioz et Wagner, jaune pour Tchaïkovski, bleu pour Mozart et Moussorgski, rouge pour Ravel et Stravinsky et blanc pour Debussy et Rameau) et un anneau central où se côtoient Bizet, Beethoven, Gluck et Verdi.

 

dossier08-2013 8881

 

L'opéra Garnier.

 

dossier08-2013 8909

 

Dans la zone  bleue, Papageno  l'oiseleur de la Flûte enchantée de Mozart.

 

dossier08-2013 8911

 

dossier08-2013 8914

L'avant-foyer ou foyer des Mosaïques.

dossier08-2013 8943

 

L'architecte Charles Garnier a laissé son nom sur la voute, "ACHP....  KAPO.... "  en alphabet grec.

 

dossier08-2013 8946-001

 

Sur les voûtes de la  «Rotonde de la Lune» et de la  « Rotonde du Soleil" , dominent, dans l'une, les tonalités froides de l argent  avec des représentations d'oiseaux de nuit : hiboux et chauves-souris et, dans l'autre, les tons chauds de l'or, au milieu d'un décor de salamandres.  Des miroirs étamés,  les premiers de couleur froide et les seconds à dominante chaude, recouvrent respectivement leurs parois et se reflètent à l'infini pour former des «chemins de lumière».

 

Rotonde de la Lune.

 

dossier08-2013 8956

 

Rotonde du Soleil.

 

dossier08-2013 9004

 

 La conception du grand foyer s'inspire des dispositions et de l'inspiration décorative des galeries des châteaux de la Renaissance française du XVIe siècle (château de Fontainebleau) et du siècle de Louis XIV (galerie d'Apollon au Louvre, galerie des Glaces à Versailles).

 

dossier08-2013 8976

 

 

  dossier08-2013 9002

 

Il existe deux types principaux de tutus :

  • le tutu long, aussi appelé tutu romantique ou tutu degas (par référence au peintre français Edgar Degas,  qui peignit des dizaines de danseuses)
  • le tutu plateau, dont il existe deux sortes : le tutu à cerclette (d'origine française) et le tutu galette (d'origine anglaise)

La fabrication d'un tutu est un travail long (vingt heures de travail pour un bas de tutu simple) et délicat, perpétué par des artisans de plus en plus rares, ce qui explique le coût onéreux d'un véritable tutu de professionnel

Il existe depuis le XIXe siècle une tradition touchant aux tissus des tutus qui perdure encore de nos jours : à l'époque, les danseuses du corps de ballet ne pouvaient porter que du tulle de coton, alors que les danseures étoiles avaient droit au tulle de soie. Aujourd'hui, les tutus des étoiles sont faits de mousseline, les autres ballerines ne portant que de l'organza.

 

dossier08-2013 8921

 

 

Costume de Diamants dans Joyaux, ballet de Georges Balanchine d'après les maquettes de Christian Lacroix 2000.

 

dossier08-2013 9029

 

Costume de Solor dans la Bayadère ballet de Rudolf Noureev 1992.

 

dossier08-2013 9018

Partager cet article

Repost 0
Published by plomo-et-moi - dans Visites
commenter cet article

commentaires